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	<description>tendre l&#039;arc de la main d&#039;un autre : reprendre</description>
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		<title>limites de langue, langues limites</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Feb 2010 19:17:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>m</dc:creator>
				<category><![CDATA[général]]></category>
		<category><![CDATA[livres & lectures]]></category>
		<category><![CDATA[écrivains]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Prigent]]></category>
		<category><![CDATA[Christophe Tarkos]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[la solitude glisse naturellement selon un rythme différé, comme s&#8217;il s&#8217;agissait de demeurer un instant, un petit instant, dans ce lieu où le monde est diffraction, éclatement : trouver ce qu&#8217;il faut pour se souder à la langue.
lectures, écritures — happé, cela fait quelques jours, par Christophe Tarkos (dans le rassemblement d&#8217;Écrits poétiques pour le moment [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">la solitude glisse naturellement selon un rythme différé, comme s&#8217;il s&#8217;agissait de demeurer un instant, un petit instant, dans ce lieu où le monde est diffraction, éclatement : trouver ce qu&#8217;il faut pour se souder à la langue.</p>
<p style="text-align: justify;">lectures, écritures — happé, cela fait quelques jours, par Christophe Tarkos (dans le rassemblement d&#8217;<em>Écrits poétiques</em> pour le moment — chapeau à la préface de Christian Prigent au passage, quelle introduction ! —, suis sur la piste d&#8217;<em>Anachronisme</em>), happé par sa poésie qui semble naïvement sensible, c&#8217;est-à-dire qui littéralement <em>fait corps</em>, cogne et frappe et mord et tord et hurle, poésie qui fait ce qu&#8217;elle dit et qui dit ce qu&#8217;elle veut, ce qu&#8217;elle veut un tout petit peu comme s&#8217;il s&#8217;agissait de remuer la forme des choses, du monde ; c&#8217;est une pâte à travailler :</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>« Non. Ce n&#8217;est pas un moyen d&#8217;y arriver parce que c&#8217;est au départ qu&#8217;il faut qu&#8217;il y ait le oui. C&#8217;est comme la poussée de l&#8217;ombrelle, il faut la poussée, le oui au départ pour faire sourire la pâte-mots. On ne peut la faire que sourire ; comme elle est un peu élastique, on peu l&#8217;élargir un peu dans un sens ; c&#8217;est tout ce qu&#8217;on peut faire. Ce n&#8217;est pas grand-chose mais on essaie au départ de s&#8217;ouvrir et de danser, de danser&#8230; Pour faire bouger un tout petit peu la pâte-mot, il faut se mouiller un peu sinon elle ne bouge pas d&#8217;un millimètre. Pâte-mot, c&#8217;est un peu comme dans les manifestations — j&#8217;aime bien cette image de toupeau — : une manifestation, c&#8217;est une positivité totalement molle, étouffante, et tu ne peux pas la bouger beaucoup, elle bouge très très peu et très doucement. Ça fait bien ce qu&#8217;on peut faire avec Patmo : en plus que c&#8217;est vide, ça ne sert à rien&#8230; C&#8217;est la grosse masse qui bouge mais on ne peut faire que ça, c&#8217;est tout<sup>1</sup>&#8230; »</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">une pate à façonner sans cesse, qui bouge à peine mais qui bouge et prend violemment langue : Tarkos était performeur aussi, c&#8217;était un sacré porteur de parole à ce qu&#8217;il semble (<a title="&quot;l'homme de merde&quot; / &quot;je gonfle&quot; par Tarkos" href="http://bit.ly/bdb7wt" target="_blank">écouter sa performance/lecture de « l&#8217;homme de merde » suivi de « je gonfle »</a>). c&#8217;est un travail extrêmement concret, tendu vers l&#8217;ombilic qu&#8217;est peut-être la limite de la langue et du monde. un travail, une parole, quelque chose qui questionne, qui remet inlassablement en cause le geste de nommer.</p>
<p style="text-align: justify;">une citation, presque au hasard parce que sous les yeux, contre l&#8217;envie d&#8217;en mettre dix autres :</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>« A est différent de O. Il faut prononcer A et O. Montre l&#8217;incroyable différence. Aaaaaaaaaaaaaa / Ooooooooooo. S&#8217;imprégner de la prononciation, en prononçant longuement dans la bouche. En vocalisant un a continu. Puis un o continu. Sentir l&#8217;évolution, les métamorphoses complexes dans la bouche. Garder le a, tenir le a et lentement, progressivement s&#8217;approcher de l&#8217;autre son que l&#8217;on connaît, délicatement, le a est encore là et penser au o, garder le son a et essayer d&#8217;atteindre par le son a le son o en déformant le plus possible le a en gardant un a, plus il s&#8217;approche du o et plus l&#8217;effort est important pour s&#8217;approcher encore du o. Le o ne viendra pas. Il existe une limite infranchissable entre le a et le o<sup>2</sup>. »</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">l&#8217;évidence frappe cela est certain — et de mon côté l&#8217;impression, l&#8217;envie de dire amicalement « c&#8217;est un fou, ce Tarkos ». mais j&#8217;en reparlerai, le moment viendra ; j&#8217;en ai encore pour quelques jours de lecture&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_565" class="footnote">Christophe Tarkos, « Entretien avec Bertramd Verdier » (3 novembre 1996), repris dans <em>Écrits poétiques</em>, Paris : P.O.L, 2008, p. 353-354.</li><li id="footnote_1_565" class="footnote">Christophe Tarkos, <em>Processe</em> (1997), repris dans <em>Ibid.</em>, p. 117-118.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>la nuit midi</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 17:09:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>m</dc:creator>
				<category><![CDATA[journal d'absence]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>

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		<description><![CDATA[
l&#8217;absence ce qui demeure du geste lorsque l&#8217;obscur
m&#8217;entreprend l&#8217;absence le reste
de la lumière lorsque les corps ne frappent plus
lorsque l&#8217;espace cesse de battre
entre les mots
I am not ready for anything to happen
voilà où je suis anything
can happen savons-nous
vraiment ce qui fait que regarder
est possible avons-nous l&#8217;oeil
sous la langue la fin
du mot l&#8217;oubli l&#8217;oubli
entre nous le sens [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
<div>l&#8217;absence ce qui demeure du geste lorsque l&#8217;obscur</div>
<div>m&#8217;entreprend l&#8217;absence le reste</div>
<div>de la lumière lorsque les corps ne frappent plus</div>
<div>lorsque l&#8217;espace cesse de battre</div>
<div>entre les mots</div>
<p><em>I am not ready for anything to happen</em></p>
<div>voilà où je suis <em>anything</em></div>
<div><em>can happen</em> savons-nous</div>
<div>vraiment ce qui fait que regarder</div>
<div>est possible avons-nous l&#8217;oeil</div>
<div>sous la langue la fin</div>
<div>du mot l&#8217;oubli l&#8217;oubli</div>
<div>entre nous le sens ne tient</div>
<div>qu&#8217;à l&#8217;espoir de se retrouver celui de retenir ailleurs</div>
<div>juste là ce qui reste juste là</div>
<div>ne cherchons pas refuge pourtant</div>
<div>dans l&#8217;immense fatigue du ciel</div>
]]></content:encoded>
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		<title>téléphone</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Feb 2010 22:47:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>m</dc:creator>
				<category><![CDATA[livres & lectures]]></category>
		<category><![CDATA[citations]]></category>
		<category><![CDATA[Kafka]]></category>

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		<description><![CDATA[
« On entendit sortir de l&#8217;écouteur un grésillement tel que K. n&#8217;en avait jamais perçu au téléphone. On eût dit le bourdonnement d&#8217;une infinité de voix enfantines, mais ce n&#8217;était pas un vrai bourdonnement, c&#8217;était le chant de voix lointaines, de voix extrêmement lointaines, on eût dit que ces milliers de voix s&#8217;unissaient d&#8217;impossible façon pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« On entendit sortir de l&#8217;écouteur un grésillement tel que K. n&#8217;en avait jamais perçu au téléphone. On eût dit le bourdonnement d&#8217;une infinité de voix enfantines, mais ce n&#8217;était pas un vrai bourdonnement, c&#8217;était le chant de voix lointaines, de voix extrêmement lointaines, on eût dit que ces milliers de voix s&#8217;unissaient d&#8217;impossible façon pour forme une seule voix, aigüe mais forte, et qui frappait le tympan comme si elle eût demandé à pénétrer quelque chose de plus profond qu&#8217;une pauvre oreille<sup>1</sup>. »</p>
</blockquote>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_559" class="footnote">Franz Kafka, <em>Le château</em>, Paris : Gallimard, coll. « Folio », 2003 [1938] p. 35.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>journal d&#8217;absence (II)</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 15:03:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>m</dc:creator>
				<category><![CDATA[journal d'absence]]></category>
		<category><![CDATA[exercices de désoeuvrement]]></category>
		<category><![CDATA[maintenant]]></category>

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		<description><![CDATA[
seul et seul pourtant
les nuits roulent et ne murmurent qu&#8217;un verbe
la démesure ne s&#8217;approche pas dans la violence c&#8217;est faux
seul et vide les sons ne portent plus bien loin autour de soi crier
chaque fois cette même image derrière le verre qu&#8217;une mince fumée
s&#8217;imprime sans qu&#8217;aucune oreille ne saigne
et pourtant

désarçonne la timidité désarçonne la pudeur est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
<div>seul et seul pourtant</div>
<div>les nuits roulent et ne murmurent qu&#8217;un verbe</div>
<div>la démesure ne s&#8217;approche pas dans la violence c&#8217;est faux</div>
<div>seul et vide les sons ne portent plus bien loin autour de soi crier</div>
<div>chaque fois cette même image derrière le verre qu&#8217;une mince fumée</div>
<div>s&#8217;imprime sans qu&#8217;aucune oreille ne saigne</div>
<div>et pourtant</div>
<p>
<div>désarçonne la timidité désarçonne la pudeur est le dernier repaire de l&#8217;extrême</div>
<div>petite trace de sueur au coin de l&#8217;aisselle la chaleur pue le sexe et pourtant c&#8217;est le silence</div>
<div>qui crie inspire</div>
<div>expire souffle</div>
<div>et fracas la démesure est là</div>
<div>où l&#8217;on ne regarde pas</div>
]]></content:encoded>
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		<title>journal d&#8217;absence</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 01:49:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>m</dc:creator>
				<category><![CDATA[journal d'absence]]></category>
		<category><![CDATA[exercices de désoeuvrement]]></category>
		<category><![CDATA[maintenant]]></category>

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		<description><![CDATA[attends-moi je suis là
le soleil se lève la nuit est toujours là
aussi te rappelles-tu l&#8217;écho
de ton nom le mien le détachement des syllabes
écartelées entre deux continents
c&#8217;est ciel mer terre voilà l&#8217;espace de ton dénombrement
infini
je regarde mon instant, sa carcasse découverte, immobile, se décuplant d&#8217;abîmes comme
s&#8217;il ne tenait qu&#8217;à la faim de gérer l&#8217;impossible je suis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">attends-moi je suis là<br />
le soleil se lève la nuit est toujours là<br />
aussi te rappelles-tu l&#8217;écho<br />
de ton nom le mien le détachement des syllabes<br />
écartelées entre deux continents<br />
c&#8217;est ciel mer terre voilà l&#8217;espace de ton dénombrement<br />
infini</p>
<p>je regarde mon instant, sa carcasse découverte, immobile, se décuplant d&#8217;abîmes comme<br />
s&#8217;il ne tenait qu&#8217;à la faim de gérer l&#8217;impossible je suis là<br />
tout près</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: left;">au revoir —</p>
]]></content:encoded>
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		<title>bombes à retardement</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Feb 2010 22:13:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>m</dc:creator>
				<category><![CDATA[une part de nuit]]></category>

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		<description><![CDATA[Les gens sont des bombes à retardement. Vous croisez quelqu&#8217;un, vous le côtoyez des années ou quelques minutes seulement, et jamais vous n&#8217;êtes à même de saisir ce qu&#8217;il a laissé en vous. Ce qu&#8217;il a échappé, comme abandonné, et qui va exploser violemment un jour ou l&#8217;autre. Mais ça vous ne savez jamais, les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Les gens sont des bombes à retardement. Vous croisez quelqu&#8217;un, vous le côtoyez des années ou quelques minutes seulement, et jamais vous n&#8217;êtes à même de saisir ce qu&#8217;il a laissé en vous. Ce qu&#8217;il a échappé, comme abandonné, et qui va exploser violemment un jour ou l&#8217;autre. Mais ça vous ne savez jamais, les règles du jeu ne sont jamais connues dès le départ. Parfois, les gens vous transforment en bombes à retardement, mais parfois ce sont eux-mêmes qui sont des bombes, à retardement ou non, toujours sur le point d&#8217;exploser et de vous emporter avec eux dans leur débâcle. En un sens, et bien sûr je ne suis pas le premier à le dire, mais la vie humaine est une farce, une blague un peu méchante.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Jacobus X et Sade</title>
		<link>http://blog.redire.net/jacobus-x</link>
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		<pubDate>Mon, 25 Jan 2010 23:26:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>m</dc:creator>
				<category><![CDATA[figures de Sade]]></category>
		<category><![CDATA[D.A.F. de Sade]]></category>
		<category><![CDATA[esthétique de la réception]]></category>
		<category><![CDATA[Jacobus X]]></category>
		<category><![CDATA[projets]]></category>

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		<description><![CDATA[je rigole, ces jours-ci, en ouvrant le deuxième chapitre de mon projet sur l&#8217;histoire de la réception de Sade. j&#8217;ai bouclé le 19e siècle à l&#8217;automne, et suis entrain de travailler sur les surprenantes lignes qu&#8217;Apollinaire a consacré à l&#8217;écrivain maudit. ce faisant, j&#8217;ai dû reculer de quelques années pour faire un peu de généalogie, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">je rigole, ces jours-ci, en ouvrant le deuxième chapitre de mon projet sur l&#8217;histoire de la réception de Sade. j&#8217;ai bouclé le 19e siècle à l&#8217;automne, et suis entrain de travailler sur les surprenantes lignes qu&#8217;Apollinaire a consacré à l&#8217;écrivain maudit. ce faisant, j&#8217;ai dû reculer de quelques années pour faire un peu de généalogie, question de retracer dans le détail les sources du poète d&#8217;<em>Alcools</em>, et j&#8217;ai rouvert l&#8217;un des livres poussérieux sur Sade qui me fait le plus sourire : celui du Dr Jacobus X (non mais déjà le pseudonyme&#8230;) intitulé <em>Le Marquis de Sade et son oeuvre devant la science médicale et la littérature moderne</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">je vous préviens, il faut avoir le coeur solide pour entrer puisque, comme le précise l&#8217;« avis de l&#8217;éditeur » :</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>« Une gloire infâme auréole d&#8217;ombre le nom du Marquis de Sade. Juste rétribution d&#8217;une vie que l&#8217;on suppose toute entière vouée à l&#8217;apologie du crime, ce triste privilège lui est échu de figurer dans la langue pour résumer, en sa brièveté de monosyllabe la plus noire, la plus horrible des folies sexuelles<sup>1</sup>. »</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">mais pour ne pas perdre de temps, Jacobus X nous livre le punch après quelques pages de préface :</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>« Pour nous, après une étude très approfondie du Marquis de Sade et de son oeuvre, nous avons la conviction intime et nous n&#8217;hésitons pas à le déclarer ici, que cet homme était un <em>dégénéré inverti</em> et nous espérons le prouver au lecteur. Ce qui nous a surtout frappé dans le fatras chaotique des deux oeuvres (<em>Justine</em> et <em>Juliette</em>) qui lui ont donné sa triste réputation, c&#8217;est la connaissance complète de <em>tous les vices, abus, perversions et crimes sexuels</em><sup>2</sup>. »</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">original, ce coquin de Jacobus, de nous apprendre ce que le siècle précédent n&#8217;a cessé de répéter. remarquez toutefois l&#8217;audace, en conclusion de la préface : « C&#8217;est un écrivain d&#8217;un genre tout particulier, mais c&#8217;est un écrivain<sup>3</sup>. » amen. la garantie littéraire affranchit le bon docteur de tout assujettissement moral, quel courage !</p>
<p style="text-align: justify;">après des déboires biographiques de quelques centaines de pages, on arrive enfin à ma section préférée : « Conséquences de la lecture des romans sanguinaires de de Sade » :</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>« Je me contente de les signaler et de faire toucher du doigt au lecteur, que si ces ouvrages monstrueux tombent entre les mains d’un dégénéré inverti, ayant des goûts érotico-sanguinaires, chez <em>un sadiste né</em>, la lecture de cet ouvrage peut le conduire à des actes épouvantables pour peu qu’il en ait les moyens. C’est ce qui rend la publication de ces ouvrages si redoutables [sic] et l’on conçoit que n’importe quel pays ne puisse les laisser circuler à l’air, car ils constituent un danger public<sup>4</sup>. »</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">côté frileux qui fait bien rire, le bon Jacobus X prend aussi la précaution de séparer l&#8217;oeuvre de Sade en deux catégories bien étanches : « l’œuvre qu’on ne peut lire   et « l’œuvre qu’on peut lire ». la première, dans laquelle se rangent les grands romans, de <em>La Nouvelle Justine</em> à l’<em>Histoire de Juliette</em> en passant par <em>La philosophie dans le boudoir </em>(les <em>Cent Vingt Journées de Sodome</em> attendant toujours leur première publication à cette date), est, presque par définition, directement esquivée. le lecteur se satisfera de la promesse ouverte sur laquelle se clôt le livre : « C’est cette étude de l’œuvre qu’on ne peut pas lire, et de l’appréciation générale des ouvrages de de Sade au quadruple point de vue littéraire, social, philosophique et médical, qui fera l’objet d’un prochain travail<sup>5</sup>. »</p>
<p style="text-align: justify;">bien sûr, docteur, bien sûr — et ainsi de mon analyse de ce livre que personne ne veut lire et mon appréciation générale de ce dernier écrit de la plume enlevante du Dr Jacobus X du quadruple point de vue  littéraire, social, philosophique et médical — comment vous sentez-vous ? — qui fera plutôt l&#8217;objet d&#8217;un prochain billet, comme on dit.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">pour les impatients, allez consulter ce qui est « en vente  la même librairie » en attendant :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://blog.redire.net/wp-content/uploads/2010/01/jacobus24.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-535" title="plus de Jacobus X!" src="http://blog.redire.net/wp-content/uploads/2010/01/jacobus24-659x1024.jpg" alt="plus de Jacobus X!" width="361" height="558" /></a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_522" class="footnote">Dr Jacobus X, <em>Le Marquis de Sade et son oeuvre devant la science médicale et la littérature moderne,</em> Paris : Charles Carrington, 1901, p. I.</li><li id="footnote_1_522" class="footnote"><em>Ibid.</em>, p. XII.</li><li id="footnote_2_522" class="footnote"><em>Ibid.</em>, p. XIII.</li><li id="footnote_3_522" class="footnote"><em>Ibid.</em>, p. 225.</li><li id="footnote_4_522" class="footnote"><em>Ibid.</em> p. 472.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>traces, mémoires, courts-circuits.</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Jan 2010 17:36:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>m</dc:creator>
				<category><![CDATA[livres & lectures]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Fleischer]]></category>
		<category><![CDATA[citations]]></category>
		<category><![CDATA[livres et lectures]]></category>
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« Chaque fois que je retourne chez Schwartz&#8217;s, lors de mes séjours à Montréal, je repense à cette scène, et c&#8217;est dans ces moment-là que je la retrouve, conforme à ce qu&#8217;elle fut, alors que le récit intitulé Un dîner chez Schwartz&#8217;s, ne parvient pas à la restituer fidèlement et que, devenu littérature, ce souvenir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« Chaque fois que je retourne chez Schwartz&#8217;s, lors de mes séjours à Montréal, je repense à cette scène, et c&#8217;est dans ces moment-là que je la retrouve, conforme à ce qu&#8217;elle fut, alors que le récit intitulé <em>Un dîner chez Schwartz&#8217;s</em>, ne parvient pas à la restituer fidèlement et que, devenu littérature, ce souvenir est passé dans une autre mémoire ou dans un autre compartiment de la mémoire. En relisant ce texte aujourd&#8217;hui, je n&#8217;y retrouve pas le souvenir de la scène dont j&#8217;ai été témoin chez Schwartz&#8217;s — et qui persiste ailleurs —, je me reconnais ayant écrit cela, c&#8217;est le souvenir de cette écriture que je retrouve : le texte me sépare de ce qu&#8217;il décrit, il me prive de ce qu&#8217;il prétend sauver de l&#8217;oubli. Il y a de la ressemblance, mais c&#8217;est la dissemblance que je ressens à regret, et comme irrémédiablement. On peut se demander s&#8217;il ne se produit pas le même phénomène avec ce qu&#8217;on appelle les « photos-souvenirs » car, de quoi ces images sont-elles le souvenir, si ce n&#8217;est de la photographie elle-même ? Un instant particulier dans une certaine lumière, avec un certain cadrage qui sélectionne une portion d&#8217;espace et rejette tout le reste hors champ — de même que sont absents les voix, les paroles et tous les autres sons dans ces clichés silencieux —, produit une image singulière qui prétend se substituer à la mémoire d&#8217;un événement, d&#8217;une situation : un épisode de vacances sur une plage ou une promenade en montage, une fête d&#8217;anniversaire ou un mariage avec les héros du jour et leurs proches sur le perron d&#8217;une mairie&#8230; De ces images-là, les photos-souvenirs, on peut dire ainsi qu&#8217;elles masquent et qu&#8217;elles font obstacles à la mémoire, plus qu&#8217;elles ne concourent à la pérennisation de ce qui a été. Mais pourtant, dans une photographie de ce genre, un peu de ce qui est représenté, aussi partiel que partial cela soit-il, reste incontestable : même soumise à une manipulation de l&#8217;espace et du temps, un peu de vérité objective résiste et persiste. Avec les moyens qui lui sont propres, la littérature peut-elle conserver de telles empreintes, de telles traces, même partielles, même partiales, d&#8217;une réalité physique du monde et des êtres dans les mots ? Autrement dit, la langue a-t-elle la possibilité d&#8217;être un appareil enregistreur de ce qu&#8217;elle-même a identifié, découpé et désigné par des mots, pour nous le faire percevoir à travers cet arbitraire, comme si c&#8217;était une réalité objective et universelle<sup>1</sup> ? »</p>
</blockquote>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">j&#8217;aime les livres d&#8217;Alain Fleischer. à intervalles réguliers, j&#8217;en traverse un. mais au rythme effréné où il publie, je peine à en lire un sur trois. chaque fois un étrange « plaisir de reconnaissance » me porte rapidement d&#8217;une page à l&#8217;autre — je me sens chez moi dans les livres d&#8217;Alain Fleischer. peu attentif aux médias et aux tablettes les plus scintillantes des librairies, les nouveautés me passent fréquemment sous le nez. mais là, je suis à peine quelques mois en retard, merci à la nouvelle émission littéraire de la Bibliothèque nationale de France, le <a href="http://www.bnf.fr/pages/cultpubl/conferences/0911_cercle_litteraire.htm" target="_blank">Cercle littéraire de la BnF du 30 novembre 2009</a>, de m&#8217;avoir mené vers ce vaste roman à tiroirs. allez vers le lien pour écouter l&#8217;auteur raconter un peu ce livre qui en porte mille autres.</p>
<p style="text-align: justify;">parce que Fleischer fera sans doute sourire n&#8217;importe qui peinant sur l&#8217;écriture d&#8217;un seul récit alors qu&#8217;il explique, au sujet de <em>Courts-circuits</em>, que voyant, comme on dit,  son temps filer, il a tenté de faire l&#8217;économie de quelques romans en les faisant converger dans celui-ci. le principe en est simple mais fonctionne admirablement avec l&#8217;univers de Fleischer, constamment traversé de souterrains, de passages secrets, d&#8217;espaces de liaison entre ses oeuvres,  qu&#8217;elles soient littéraires ou plastiques, installations ou pellicules. ou peut-être devrait-on aller vers le singulier, parler large et parler de son oeuvre, foisonnante et multiple, toujours il me semble faisant un pas de côté, comme à mesurer ce qui la sépare d&#8217;elle-même, là sans y être — je ne sais pas. ces considérations sur la mémoire m&#8217;emportent toujours. la mémoire, les mémoires y sont riches, parlantes et parlées, mémoires faites de calques nombreux, superposés et friables comme des feuilles à demi-transparentes dont les repères s&#8217;échangent et se dissolvent les uns dans les autres comme par contagion.</p>
<p style="text-align: justify;">il faudra un moment ou l&#8217;autre me retrousser les manches et parler un peu de <em>Prolongations</em> ou d&#8217;<em>Immersion</em>&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_506" class="footnote">Alain Fleischer, <em>Courts-circuits</em>, Paris : Le Cherche-midi, coll. « Styles », 2009, p. 222-224.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>questions.</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Jan 2010 15:12:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>m</dc:creator>
				<category><![CDATA[une part de nuit]]></category>
		<category><![CDATA[black and white opera]]></category>
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		<category><![CDATA[conseils pratiques contre la paralysie]]></category>
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		<description><![CDATA[Il est facile de me piéger. Un bruit, une interférence, une question, et me voilà rompu comme une braise sans flamme. L&#8217;interrogation est brûlante, l&#8217;instant incertain. Faut-il vraiment répondre — répondre par une question, la question de la question ? Je ne me la renvoie pas souvent. Comment cristalliser en une poignée de mots l&#8217;obsession [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est facile de me piéger. Un bruit, une interférence, une question, et me voilà rompu comme une braise sans flamme. L&#8217;interrogation est brûlante, l&#8217;instant incertain. Faut-il vraiment répondre — répondre par une question, la question de la question ? Je ne me la renvoie pas souvent. Comment cristalliser en une poignée de mots l&#8217;obsession qui vous porte ?</p>
<p>Mon instinct est le recul.</p>
<blockquote><p>Pourquoi parler de ?</p></blockquote>
<p>Mais j&#8217;ai parlé trop vite, bafouillé comme d&#8217;habitude. Et puisque j&#8217;aime les listes, c&#8217;est ainsi que la brèche a fourmillé en moi. Ces questions, aussi abstraites que partielles, portent ma <em>part de nuit</em>.</p>
<blockquote><p>Comment savoir que ce qui a eu lieu a eu lieu ?</p>
<p>Comment la matière devient-elle événement ?</p>
<p>Est-ce que Mélusine est vraiment morte ?</p>
<p>Quel est le nom de cette ville impossible ?</p>
<p>Y a-t-il vraiment le calme après la tempête ?</p>
<p>Comment vivre par-delà soi ?</p>
<p>Harry ?</p>
<p>Comment la représentation se déploie dans la matière ?</p>
<p>Comment vivre le désir ?</p>
<p>Avez-vous le vertige ?</p>
<p>Quelle mémoire pour quel scandale ?</p>
<p>Que sommes-nous l&#8217;un en l&#8217;autre ?</p>
<p>Comment les mots deviennent-ils action ?</p>
<p>Comment est-il possible de peindre une femme comme Mélusine ?</p>
<p>Qu&#8217;est-ce qui vous permet de croire qu&#8217;elle n&#8217;est pas droit sortie d&#8217;un livre ?</p>
<p>Où suis-je ?</p>
<p>Qu&#8217;est-ce qui, de l&#8217;événement, est entré en moi et module chacun de mes mouvements ?</p>
<p>Qui est Charlie ?</p>
<p>Comment savoir si vous êtes vivant ou si vous êtes mort ?</p>
<p>Harry, est-ce bien vous ?</p>
<p>L&#8217;univers tient-il vraiment sur quelques feuilles de papier ?</p>
<p>Can I go back, now ?</p>
<p>Qu&#8217;est-ce que vous buvez ?</p>
<p>Que se cache-t-il dans l&#8217;ombre du visage ?</p>
<p>Mais comment ?</p>
<p>Qu&#8217;est-ce qui retient quelqu&#8217;un en vie, lui retire ou lui insuffle la possibilité de l&#8217;abandon ?</p>
<p>Où disparaît Alice ?</p>
<p>Qu&#8217;est-ce qui fonde le regard ?</p>
<p>Comment l&#8217;événement se découpe-t-il à même l&#8217;ombre de nos mémoires ?</p>
<p>Quelle est cette odeur ?</p>
<p>Aurais-tu l&#8217;obligeance d&#8217;enlever ta culotte ?</p>
<p>Là ?</p></blockquote>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Je me suis amusé à parcourir quelques pages de l&#8217;un de mes cahiers de travail afin de repérer les points d&#8217;interrogation. Je n&#8217;ai pas poursuivi la route très longtemps, pris de fatigue, me rendant bien compte de l&#8217;incroyable poids des questions qui traversent la construction d&#8217;un récit. Et comment faire converger les interrogations qu&#8217;incarne un projet de roman vers une seule question ? <em>Pourquoi parler de&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Chemins qui ne mènent nulle part</em>, comme disait l&#8217;autre ? Espérons que non.</p>
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		<title>pères.</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Jan 2010 17:06:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>m</dc:creator>
				<category><![CDATA[livres & lectures]]></category>
		<category><![CDATA[citations]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Hervé Bouchard]]></category>
		<category><![CDATA[maintenant]]></category>
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« Et le bruit dans la maison, pas vraiment du bruit, mais un mouvement sonore de la vie qui disparaît, les brancardiers y étaient habitués, ça ne les bouleversait en rien, qu&#8217;ils disaient. Ils racontaient des histoires horibles. Elles étaient vraies, on ne sait pas, mais ç&#8217;aurait pu nous aider à supporter le moment de [...]]]></description>
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<p style="text-align: justify;">« Et le bruit dans la maison, pas vraiment du bruit, mais un mouvement sonore de la vie qui disparaît, les brancardiers y étaient habitués, ça ne les bouleversait en rien, qu&#8217;ils disaient. Ils racontaient des histoires horibles. Elles étaient vraies, on ne sait pas, mais ç&#8217;aurait pu nous aider à supporter le moment de douleur qu&#8217;on sentait aussi mal que des bras de chaise, fallait qu&#8217;on y goûte. Mais c&#8217;était pas l&#8217;horreur, seulement la mort, le père Beaumont mort comme un homme mort dans sa chaise qui ne berce plus. Un des brancardiers avait sous le nez une moustache qui lui cachait la bouche. Il a dit comment l&#8217;homme Verreault qu&#8217;on devait tous connaître, ils étaient allés le chercher dans son garage, il s&#8217;étaie chié dans le pantalon, son cric avait lâché. Il a dit comment l&#8217;homme Blouin qu&#8217;on devait tous connaître, ils étaient allés le chercher dans son garage, il avait la bouche en rond de non, sa pipe était tombée sur le béton. Il a dit comment l&#8217;homme Chaperon qu&#8217;on devait tous connaître, ils étaient allés le chercher dans son garage, il avait un bâton planté dans le mou de la tête et une jambe en bois lui manquait. Il a dit comment l&#8217;homme Comeau qu&#8217;on devait tous connaître, ils étaient allés le chercher dans son garage, il n&#8217;avait plus de visage, il se l&#8217;était pelé, dit-on, après avoir foré pour rien un puits au milieu de son gazon. Il a conté aussi, chaque fois plus horrible, la trouvaille de l&#8217;homme Coulon, la trouvaille de l&#8217;homme Poulin, la trouvaille de l&#8217;homme Chapdelaine, la trouvaille de l&#8217;homme Guimond, la trouvaille de l&#8217;homme Lebreux, la trouvaille de l&#8217;homme Rouleau, qu&#8217;on devait chaque fois tous connaître mais qu&#8217;on ne connaissait personne. Mais le prêtre Morovitche qui connaît tous les morts, faisait oui chaque fois en se signant<sup>1</sup>. »</p>
</blockquote>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: justify;">par là, sur remue.net, l&#8217;entretien (<a href="http://remue.net/spip.php?article2322" target="_blank">première</a>, <a href="http://remue.net/spip.php?article2323" target="_blank">deuxième</a> et <a href="http://remue.net/spip.php?article2324" target="_blank">troisième</a> parties) qui m&#8217;a décidé à ouvrir ce livre surprenant. ça prend langue d&#8217;une manière originalement novarinienne, on dirait. j&#8217;irai relire <em>La chair de l&#8217;homme</em> après. si je le trouve.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_496" class="footnote">Hervé Bouchard, citoyen de Jonquière, par la bouche de L&#8217;ORPHELIN DE PÈRE NUMÉRO UN, <em>Parents et amis sont invités à y assister</em>, Montréal : Le Quartanier, 2006, p. 34-35.</li></ol>]]></content:encoded>
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