questions.

Il est facile de me piéger. Un bruit, une interférence, une question, et me voilà rompu comme une braise sans flamme. L’interrogation est brûlante, l’instant incertain. Faut-il vraiment répondre — répondre par une question, la question de la question ? Je ne me la renvoie pas souvent. Comment cristalliser en une poignée de mots l’obsession qui vous porte ?

Mon instinct est le recul.

Pourquoi parler de ?

Mais j’ai parlé trop vite, bafouillé comme d’habitude. Et puisque j’aime les listes, c’est ainsi que la brèche a fourmillé en moi. Ces questions, aussi abstraites que partielles, portent ma part de nuit.

Comment savoir que ce qui a eu lieu a eu lieu ?

Comment la matière devient-elle événement ?

Est-ce que Mélusine est vraiment morte ?

Quel est le nom de cette ville impossible ?

Y a-t-il vraiment le calme après la tempête ?

Comment vivre par-delà soi ?

Harry ?

Comment la représentation se déploie dans la matière ?

Comment vivre le désir ?

Avez-vous le vertige ?

Quelle mémoire pour quel scandale ?

Que sommes-nous l’un en l’autre ?

Comment les mots deviennent-ils action ?

Comment est-il possible de peindre une femme comme Mélusine ?

Qu’est-ce qui vous permet de croire qu’elle n’est pas droit sortie d’un livre ?

Où suis-je ?

Qu’est-ce qui, de l’événement, est entré en moi et module chacun de mes mouvements ?

Qui est Charlie ?

Comment savoir si vous êtes vivant ou si vous êtes mort ?

Harry, est-ce bien vous ?

L’univers tient-il vraiment sur quelques feuilles de papier ?

Can I go back, now ?

Qu’est-ce que vous buvez ?

Que se cache-t-il dans l’ombre du visage ?

Mais comment ?

Qu’est-ce qui retient quelqu’un en vie, lui retire ou lui insuffle la possibilité de l’abandon ?

Où disparaît Alice ?

Qu’est-ce qui fonde le regard ?

Comment l’événement se découpe-t-il à même l’ombre de nos mémoires ?

Quelle est cette odeur ?

Aurais-tu l’obligeance d’enlever ta culotte ?

Là ?

*

Je me suis amusé à parcourir quelques pages de l’un de mes cahiers de travail afin de repérer les points d’interrogation. Je n’ai pas poursuivi la route très longtemps, pris de fatigue, me rendant bien compte de l’incroyable poids des questions qui traversent la construction d’un récit. Et comment faire converger les interrogations qu’incarne un projet de roman vers une seule question ? Pourquoi parler de…

Chemins qui ne mènent nulle part, comme disait l’autre ? Espérons que non.

Tags: black and white opera, Charlie, conseils pratiques contre la paralysie, Mélusine, partage, projets, une part de nuit

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